Voici une question qui revient régulièrement sur de nombreux forums et qui mérite d’être clarifiée avec quelques arguments.
Il existe une certaine confusion autour des nouveaux matériaux apparus ces dernières années dans la pratique dentaire.
Ce que l’on désigne sous le terme générique de « céramique » correspond en réalité à des matériaux de structures différentes, élaborés selon des techniques distinctes et assemblés en bouche selon des protocoles spécifiques.
On distingue trois grandes familles, classées principalement selon leur microstructure :
Nous allons, dans ce cadre, nous intéresser uniquement aux zircones, qui se présentent également sous différentes formes en raison de l’évolution technique de ces matériaux.
Première génération (3Y-TZP traditionnelle) : grande résistance en flexion et ténacité grâce à la transformation cristalline, mais très opaque.
Deuxième génération (Y-TZP monolithiques) : amélioration de la translucidité, mais risque accru de vieillissement hydrique en raison de l’augmentation de la métastabilité cristalline. Elle est indiquée pour les restaurations postérieures.
On la trouve dans notre catalogue sous l’appellation Forma Monozir.
Troisième génération (4Y-PSZ et 5Y-PSZ) : translucidité nettement augmentée, mais résistance et ténacité diminuées. Ces zircones sont dites translucides ou partiellement stabilisées. Elles sont plutôt indiquées pour le secteur antérieur.
Dans la grande majorité des cas, on opte pour le scellement de la zircone plutôt que pour le collage.
Voici un protocole type qui donne les meilleurs résultats :
Sablage : La composante principale de l’adhésion sur la zircone est essentiellement micromécanique et s’obtient par sablage.
Celui-ci est réalisé à l’oxyde d’aluminium (50 µm), sous une pression de 2 bars pendant 10 secondes, à quelques centimètres de distance.
Primer : Bien que minoritaire, la composante chimique de l’adhésion est essentielle pour la stabilité des résultats cliniques à long terme.
Pour assurer cette composante chimique sur la zircone, on peut utiliser des monomères fonctionnels spécifiquement conçus pour la zircone et les métaux (application du primer dans l’intrados pendant une minute, puis séchage à l’air).
Scellement : Dans tous les cas, le scellement se fait avec un ciment verre ionomère renforcé par résine (CVIMAR), les plus utilisés étant le Fuji Plus de GC, qui libère du fluor dans le temps, ou le Ketac Cem Plus de 3M.
Astuce : Ce ciment étant très adhérent au matériau et aux muqueuses, il est conseillé d’enduire l’extrados, au niveau cervical des pièces prothétiques, ainsi que la gencive marginale, d’une fine couche de vaseline ou de glycérine à l’aide d’une microbrush®, puis de passer un fil dentaire dans les embrasures des bridges avant leur mise en place, afin de faciliter l’évacuation des excédents après durcissement.
Si, pour des raisons spécifiques, on souhaite malgré tout « coller » la zircone :
Nous utiliserons une colle composite ayant des propriétés adhésives propres grâce à l’adjonction de MDP (Panavia V5) ou de 4-META (Super-Bond), voire des deux (G-CEM LinkForce).
Ces colles doivent être systématiquement fluides et duales, car la zircone, étant opaque, empêche une photopolymérisation complète en profondeur.
Le collage peut permettre de renforcer la résistance mécanique de l’élément prothétique et de réduire les épaisseurs de préparation.