2 - l’IA avec Medit Link

Dans notre précédent article, nous avons présenté les fondamentaux de l’IA.

Aujourd'hui, tous les domaines de la médecine tirent profit de ses capacités, particulièrement là où le traitement d’image est central.

L’imagerie médicale en général, et l’empreinte optique en particulier, sont au cœur de cette révolution.

Nous allons aborder trois applications concrètes où l’IA se met entièrement au service de l'utilisateur : la reprise de numérisation, la mise en occlusion automatique et le tracé de la limite périphérique.

Pour comprendre ces mécanismes, il faut rappeler qu'une « caméra » intra-orale est techniquement un scanner, c’est-à-dire un instrument de mesure de haute précision.

Le scanner capture à très haute fréquence une quantité massive de points sur les surfaces balayées ; il « voit » les volumes selon une perspective mathématique.

L’image qui se construit en temps réel sur votre écran est le fruit de calculs complexes réalisés par les processeurs et les algorithmes du logiciel.

C'est pourquoi l'utilisation d'un matériel performant, respectant strictement le cahier des charges du fabricant, est indispensable pour garantir fluidité et précision.

Reprise de numérisation

Il arrive que la numérisation s’interrompe lors du scannage d’une arcade ou d’une crête muqueuse.

Pour reprendre le travail, il est alors nécessaire de repartir d’une zone déjà enregistrée.

Le logiciel analyse les données mémorisées pour identifier les nuages de points correspondant à la nouvelle position de la tête du scanner.

Plus la zone de départ est riche en détails, plus cette corrélation est rapide et fluide.

C’est ici que le respect du chemin de scannage idéal prend tout son sens : en passant d'abord par les surfaces occlusales, on offre au logiciel une topographie précise, riche en repères identifiables (cuspides et fosses).

Une fois la correspondance établie entre les deux zones, la numérisation reprend instantanément.

Conseil pratique : Dans le cas d’une crête édentée, il est indispensable de repartir d’une zone dentée pour permettre au logiciel de retrouver ses repères et de rétablir la continuité du scan.

Mise en occlusion automatique

Lors de la capture de l'occlusion, il est recommandé de numériser les faces vestibulaires en veillant à inclure 2 à 3 mm de gencive marginale.

Cette abondance d'informations facilite le travail du logiciel lors du recalage automatique (matching) des arcades.

En fournissant des repères anatomiques clairs, vous permettez à l'IA de corréler instantanément l'enregistrement de la morsure avec les empreintes maxillaire et mandibulaire.

En cas d'échec de la fonction automatique, l'utilisateur peut intervenir manuellement en désignant des points d'ancrage identiques sur les deux modèles.

Ces points servent de guides au logiciel pour identifier les nuages de points correspondants et finaliser l'assemblage avec précision.

Pourquoi enregistrer de la gencive ?

Cette précision est d'autant plus cruciale à la mandibule.

En raison du recouvrement des cuspides d'appui mandibulaires par les cuspides vestibulaires maxillaires, les zones de concordance entre l'enregistrement de l'occlusion et l'empreinte mandibulaire sont souvent réduites.

Les repères identifiables se situent alors essentiellement au niveau des collets, voire des papilles gingivales.

C'est pourquoi une capture rigoureuse de la zone cervicale est indispensable pour permettre au logiciel de caler précisément l'arcade inférieure.

Placement de la limite périphérique

Cette étape peut être réalisée dès la prise d'empreinte via l'outil « Ligne de marge », ou ultérieurement dans Medit Link grâce à l'application « Medit Margin Line ».

Dans les deux cas, l'opération s'effectue sur un modèle dont le rendu a été optimisé pour offrir une meilleure définition des contrastes et des reliefs.

La fonction automatique de détection a ici une mission précise : identifier avec rigueur le changement d'orientation géométrique de la préparation au niveau de la limite cervicale.

Tracé des limites cervicales

Dans le cas d’une préparation coronaire complète (couronne périphérique), si l’empreinte est réalisée dans des conditions optimales, le tracé automatique est d’une précision remarquable.

En revanche, pour des préparations de type Inlay/Onlay aux limites plus sinueuses et complexes, la fonction automatique montre souvent ses limites.

Dans ces situations, il est préférable de procéder directement au placement manuel de la ligne de marge afin de garantir l'exactitude du futur joint prothétique.

Assistance numérique et automatisation

Ces quelques exemples, bien que non exhaustifs, illustrent comment l’assistance numérique assure une utilisation fluide et ergonomique du logiciel dans la majorité des situations cliniques.

De nombreuses autres fonctions, qu’il serait trop long de détailler ici, s’appuient également sur ces processus automatisés pour simplifier votre quotidien.

Ce qu’il faut retenir, c'est que l’IA est un outil d'accompagnement performant : dès que ses limites sont atteintes, l’utilisateur reprend le contrôle.

En dernier ressort, le praticien doit toujours rester maître de la décision finale et garant du résultat clinique.